Les plus belles tomates du quartier.

Paradicsomok

image via ici

La belle saison étant désormais bien arrivée, une compétition non officielle s’est elle aussi installée: avoir les plus beaux plants de tomates du quartier. Si vous cultivez ne serais-ce qu’un plant de tomate, je suis certaine que silencieusement, vous comparez vos plants à ceux des autres. Je le sais, je le fais moi-même et je suis certaine que vous faites pareil! D’ailleurs, je crois que la dame du dépanneur au coin de la rue ne m’aime pas beaucoup depuis que mon balcon vert vient faire ombrage à ses impressionnantes (je dois l’avouer) fleurs exotiques. On se dispute silencieusement le titre du Pouce-vert-d’or du coin. Mais bon, je fais dans le potager, elle dans les fleurs, nous ne sommes pas tout à fait dans la même catégorie.

Vous me voyez peut-être venir, mais je m’apprête bel et bien à vous révéler mes trucs de jardinage concernant la reine du potager: la tomate! Hé oui, je suis généreuse à ce point! Mes trucs étonneront peut-être, je le vois venir, je bouscule quelques idées persistantes, mais ils découlent de mes expérimentations personnelles et, visiblement, ça fonctionne: j’ai les plus beaux plants de tomates du quartier (dis-je en toute modestie)!

Tout d’abord, je tiens à préciser que je fais dans le bio. Aucun produit chimique, engrais, pesticide, herbicide non bio n’est utilisé dans mon jardin. Jamais. JAMAIS. Simplement quelques trucs simples qui font que mes plants se retrouvent dans des conditions optimales et deviennent donc immense et bien productif.

Environnement idéal

Habitant dans un centre ville, je me suis mise au jardinage sur balcon il y a quelques années. Mon balcon a évidemment débordé bien rapidement (en proportion égale à mon enthousiasme!). Je me suis donc prise un lot dans un jardin communautaire. Je cultive ainsi à la fois en pots et en pleine terre. Pour les tomates, c’est étonnamment sur mon balcon que j’obtiens de meilleurs résultats. En effet, la culture en pot de la tomate apporte son lot d’avantage qui sied bien à cette plante sous nos latitudes. La terre se réchauffe d’avantage dans des pots que la pleine terre. Rappelons-nous que la tomate est une plante originaire de l’Amérique du sud. Bien que plusieurs cultivars sont très bien adaptés aux régions plus froide, n’empêche que toutes les variétés de tomates apprécieront un sol bien chaud. J’ai la chance d’avoir un balcon orienté plein sud, je place donc mes tomates le long du mur de brique. Ainsi, non seulement la terre devient-elle bien chaude, mais la brique emmagasinant la chaleurs, il se crée une sorte de micro-climat sur mon balcon qui plait bien à la tomate.  Voilà donc l’environnement idéal.

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Les pots

J’ai beau affirmer que la culture en pot est l’idéal chez moi pour les tomates, ce n’est pas n’importe quel pot qui fait l’affaire. Premièrement, il faut de grands pots. Les racines de la tomate ont besoin d’espace pour aller chercher un maximum de nutriments. De plus, plus votre plant sera gros, plus il aura besoin de s’encrer dans le sol. Je vous recommande 2 types de pots. Ceux avec lesquels j’ai eu des résultats plus qu’époustouflant. L’un est acheté, l’autre est de conception maison (Allo! les adeptes du DIY!).

J’ai commencé à cultiver en smart pot l’an dernier et je suis plus qu’éblouie par les résultats que j’obtiens avec ces pots! Ce sont des pots fait de géo-textiles, qui ont la particularité de laisser respirer les racines, contrairement aux classiques pots en plastiques. Ceci aurait entre autre comme avantage de favoriser un meilleur développement racinaire, évitant du coup, d’avoir que peu de racines mais qui tournent à l’infini dans le petit pot à la recherche de la sortie. Dans les smart pot, les racines auront plus tendance à cesser leur croissance lorsqu’elles arrivent près d’une parois et le plants produira une nouvelle racine. Donc, plus de racines, plus de possibilité de capter des nutriments dans le sol. Étant noirs, ils captent également très bien la chaleur. Leur seul «désavantage», c’est qu’ils faudra s’assurer de très bien arroser de façon assidue puisque la terre plus chaude, sèche également plus rapidement. En passant, toutes les plantes potagères se plairont énormément dans les smart pots. Il est donc possible de cultiver tout son potager dans ceux-ci. Les Urbainculteurs à Québec créent d’impressionnant potagers urbains à l’aide de ces pots. Ils en sont d’ailleurs détaillants dans leur nouvelle boutique sur la rue-St-Paul et en ligne via leur site web. On les retrouve également dans plusieurs centre-jardin.

L’autre type de pots, mes favoris pour les tomates, sont les bacs auto-arrosant de conception maison. Leur immense avantage? Ils possèdent une réserve d’eau au fond, permettant aux tomates de ne jamais manquer d’eau (et de donner un répits au jardinier paresseux: Présente!) Le principe est simple, il s’agit de 2 chaudières récupérées emboîtées l’une dans l’autre créant une réserve d’eau au fond séparé de l’espace de culture rempli de terre afin de ne pas noyer les racines, mais tout de même accessible par une «cheminée» afin que les plants puissent tirer ce dont ils ont besoin. Ayant toujours de l’eau accessible, les plants boiront plus les journées chaudes et moins les journées plus fraîche et nuageuse. Vous trouverez un guide de fabrication très complet sur le site de l’organisme craque-bitume. Il est peut-être un peu tard cette année pour changer le mode de culture de vos tomates, mais vous aurez ainsi le temps de vous mettre à la recherche de chaudières alimentaires d’ici l’an prochain. Sinon, les grandes quincailleries vendent des chaudières de plastique à leur effigie pour à peine quelques dollards. Si vous n’avez pas envie de faire la tournée des casse-croûte du coin pour récupérer les chaudières d’huile de canola ou de mayonnaise, ce peut être une bonne option qui demeure à faible coûts. Le plus gros inconvénient de ces pots, c’est sans contredit leurs esthétique. Si vous êtes adepte du DIY, je ne suis pas inquiète que vous trouverez une solution pour pallier au manque d’esthétisme de ces pots. ceci étant dit, leur plus gros avantage, en plus d’être de précieux alliés des jardiniers paresseux: fini nécrose apicale (plus communément appelé cul noir de la tomate!) En effet, ce problème de culture, si fréquent chez la tomate est dû à un manque d’absorption du calcium dans la terre par la plante. Ce problème absorption, lui, est directement lié à un arrosage insuffisant et non au manque de nutriment comme tel dans le sol. En effet, si l’eau n’est pas assez disponible pour la plante elle ne pourra pas maximiser son extraction des nutriments hydro-soluble du sol. Ainsi, plus besoin d’ajouter des sources de calcium pour pallier à la fâcheuse nécrose apicale, le problème est réglé et on économise des sous! Win-win!

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Amandement et cie.

L’ajout d’engrais est selon moi presque inutile si on fait un bon apport en compost en début de saison. Pour des plantes exigeantes comme la tomate, j’ajoute au moins 1/3 du volume de mon bac en compost que je mélange avec la terre de l’année précédente. J’ajoute des champignons mycorhise lors de la transplantation pour favoriser le système racinaire. Cette année j’ai ajouté de l’engrais bio-nord, également lors de la transplantation et habituellement j’arrose une fois de temps-en-temps avec une solution bio d’algues liquides. Jamais d’engrais 20-20-20 bleu fluo, jamais d’engrais «spécial tomate» de la quincaillerie… Je crois profondément que le but premier de faire pousser ses propres légumes est de manger le plus sainement possible (tout en se vantant de ses grosses tomates). Avant d’avoir les plus gros plants de tomates, je veux les plants les plus sains possible. Mangeriez-vous la poudre bleu du 20-20-20? Moi pas. Pas même dilué dans un sceau d’eau. Je n’ai pas plus envie que ça se retrouve dans mon assiette, même en version dilué.

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Et les «gourmands»?

Les gourmands, ce sont les branches secondaires qui poussent entre le tronc et la branche principale du plants. Beaucoup de gens les suppriment, car paraît-il, ils seraient trop gourmands en énergie à la plante (d’où leurs surnoms) et compromettraient la productivité au niveau des fruits. Personnellement je ne les coupent pas. J’ai même observé (de façon totalement non scientifique ceci-dit) une meilleure récolte sur les plants qui ont conservés tous leurs gourmands. Plus de branches=plus de place pour faire des fleurs. Il n’y a qu’en fin de saison que je commence théoriquement à couper des branches pour donner une chances aux fruits de mûrir. Je dis théoriquement car je ne le fais vraiment pas toujours (jardinière paresseuse). Par contre, il faut savoir que le fait de ne pas couper les gourmands sur des plants de tomates indéterminés, cultivé en bacs avec réserve d’eau dans de bonne conditions de chaleurs deviendront MONSTRUEUSEMENT gros et fournis. Vous en êtes avertis.

Traitements des ravageurs et maladies

L’autre avantage majeure de cultiver en pot, c’est la quasi nullité des chances d’avoir affaire à des ravageurs et même des maladies. J’ai déjà réglé le cas de la nécrose apicale, et bonne chances aux potentiels ravageur de trouver mon balcon au 3ème étage du centre ville! Le seul problème autre que j’ai rencontré ce sont des pucerons verts introduits par un plant acheté en centre jardin (c’est l’une des raisons pourquoi je préfère faire mes propres semis). Une solution simple pour s’en débarrasser est de mélanger 1 cuillère à thé de savon à vaisselle bio dans 1 litre d’eau et d’asperger directement les pucerons avec cette solution à l’aide d’une bouteille vaporisateur. Répéter tous les 2 jours durant 1 semaine en n’oubliant pas le dessous des feuilles. Leurs cas devrait être réglé rapidement.

J’espère que ces petits trucs vous aiderons dans la culture des tomates et surtout que l’excuse du je-n’ai-pas-de-terrain sera tombé! N’hésitez pas à partager vos propres trucs et astuces tomates dans les commentaires.

Si le sujet vous intéresse et que vous voudriez creuser d’avantage à propos jardinage bio et urbain, je vous recommande de consulter le livre Mon potager santé de Lili Michaud. Non seulement il regorges d’info pratique sur la culture d’un potager, mais il est écrit par une agronome de Québec, donc adapté à nos conditions de culture.

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